Histoire

La question de la création d’un collectif féministe est intervenue suite à la mobilisation contre la réforme des retraites à la fin de l’année 2010 et, plus précisément, suite au constat, frappant et récurrent, d’une prise de parole inégale entre étudiants et étudiantes en assemblée générale.

Dès lors, a germé l’idée d’organiser des réunions non-mixtes, inter-organisationnelles, afin d’en discuter. Au départ, le mouvement et la réflexion portaient surtout sur la question du biais du genre dans le cadre militant. Ces réunions non-mixtes – qui, initialement, ont suscité de nombreuses réactions sceptiques – présentèrent une grande importance et firent la démonstration de leur intérêt. Il ne s’agissait pas d’une fin en soi mais d’un moyen ponctuel de remédier aux inégalités concernant la prise de parole en public. Le but était la prise en compte des mécanismes d’inhibition et des déterminismes sociaux intégrés afin de les dépasser ; l’objectif était la prise de conscience et la politisation d’un problème non pas personnel, mais bel et bien collectif. Les réunions non-mixtes ne visaient donc pas à exclure les hommes mais à permettre aux femmes de se sentir plus à l’aise dans un cadre mixte. Dans ce cadre strictement militant, outre le constat de la prise de parole inégale entre les deux sexes, nous avons également dressé celui de la répartition sexuée des tâches au sein des organisations politiques et syndicales, ou celui de la représentation inégale au sein des différentes organisations militantes. Des réunions mixtes ont été alors organisées pour en débattre.

Cependant, il n’a pas semblé très opportun de circonscrire cette dynamique au seul milieu militant. Très vite, la volonté s’est manifestée de l’élargir au plus grand nombre, dans le cadre de ce comité féministe et de genre. La demande se faisait d’autant plus sentir à Sciences Po puisque, depuis la dissolution des Sciences Potiches, il n’existait plus de collectif féministe à proprement parler, or le monde universitaire n’est absolument pas exempt de sexisme.

Notre comité veut s’opposer à l’idée trop répandue selon laquelle le féminisme serait un combat d’arrière-garde, totalement dépassé. Notre collectif trouve, en outre, sa légitimité parce qu’un certain féminisme s’est érigé en consensus. Puisque s’est instauré un féminisme de façade qui masque bien des réflexes et des logiques sexistes, cette lutte s’impose avec une nécessité accrue.

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