Appel à témoignages du 8 MARS

Nous avions fait un appel à témoignages à l’occasion du 8 mars, sur les expériences de sexisme et harcèlement des étudiantEs au sein de Sciences Po. Publié originellement sur facebook, nous republions ici les témoignages et la tribune.

[TW: sexisme, harcèlement sexuel, viol]

Dans le cadre de la journée des droits des femmes, le collectif G.A.R.C.E.S (Groupe d’Action et de Réflexion Contre l’Environnement Sexiste) s’oppose au discours majoritaire diffusé par Sciences Po qui prétend que le sexisme, le harcèlement sexuel et le viol n’existent plus au sein de cette école et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le sexisme ne se réduit pas, comme on aimerait nous le faire croire à travers le prétendu discours majoritaire défendu par les plus hautes institutions, aux banlieues de l’autre côté du périphérique, exemptant ainsi les grandes écoles et catégories socio-culturelles ++, blanches.

Nous rappelons que le sexisme, le harcèlement sexuel et le viol sont une réalité, des oppressions systémiques qui s’entretiennent par des pratiques banalisées et tolérées, et que les combattre ne se réduit pas à organiser des formations, trop souvent non-obligatoires, mettre en place une cellule de harcèlement sexuel qui minimise le harcèlement sexuel et culpabilise les victimes, ou simplement « convoquer » un harceleur pour lui dire que « non ce n’est pas bien d’embrasser une fille contre son gré, ne recommence pas », comme c’est trop souvent le cas au sein de notre établissement.

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Les ateliers santé

✰✰✰ POURQUOI ? ✰✰✰

Depuis quelques années, les tollés médiatiques que suscitent la “découverte” par le grand public de l’ampleur des maltraitances médicales et des scandales sanitaires que subissent les patient.e.s s’enchaînent, mais toujours une seule et même réaction : la stupeur, la mise en doute de la parole des patient.e.s et la dénégation.

Pourtant la libération de la parole s’organise : tumblr, articles de presse et émissions de radio témoignent désormais que les pratiques vexatoire ou inutilement invasives, le non respect du consentement des patient.e.s, les biais de genre dans la mise en place des protocoles scientifiques, ne constituent pas des faits divers isolés, mais posent de réels problème de santé publique.

Devant l’inertie du corps médical, le silence des institutions sanitaires et le morcellement des initiatives scientifiques sur le sujet, GARCES souhaite donc ouvrir un espace de réflexion et d’action pour s’emparer de ces sujets, se réapproprier les savoirs médicaux et gagner en autonomie. Nous lançons donc pour le printemps 2017 un cycle d’atelier santé, ouvert à toutEs pour questionner avec des chercheuses, des militantes et des soignantes les questions de santé.

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Le cycle des sexualités

 

Nos fantasmes, nos pratiques, notre vision et nos expériences sexuelles sont fortement influencés par notre société. Nos préférences individuelles sont façonnées et formatées par les représentations que nous avons de la sexualité. Au cinéma, dans la littérature, la musique, les médias etc., la sexualité est partout. Partout mais toujours identique.

Parce que ce sont les dominants qui ont le plus de moyens de production culturelle et de diffusion, le point de vue dominant est celui du mâle blanc cis-hétéro et valide. Les corps sont blancs et filiformes, les canons de beauté très stricts, les sexes représentés hyper normés. Les relations suivent des schémas narratifs non renouvelés (préliminaire-pénétration) et les sexualités non hétérosexuelles sont invisibilisées.

Pourtant d’autres discours, d’autres points de vue et d’autres productions existent, bien que marginalisés.

GARCES a tenté à travers ce cycle questionner les sexualités de manière très large et déconstruire nos représentations et nos pratiques normées.

Une série de conférences et de projections a été organisé autour des représentations des sexualités féminines hétéro, lesbiennes, bi, queer, leur normativité, leur invisibilisation dans l’imaginaire collectif, la culture populaire, le rap, la bande dessinée, la pornographie etc.

Des ateliers ont été mis en place en parallèle pour partager nos expériences dans un cadre plus intimiste et pour nous réapproprier nos sexualités, nos pratiques et nos corps.

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Une année de GARCES 2016-2017

L’année 2016-2017 est bien finie, et à la veille de la rentrée nous avons voulu faire un petit bilan des actions menées, pour les archives.

Cette année, GARCES a organisé 6 conférences, 8 ateliers (dont 5 ateliers santé), 2 projection-débat, 1 pétition, 1 appel à témoignage. Un cycle d’évènements a été porté sur le thème des sexualités, une série d’ateliers sur la santé et d’autres évènements ont été menés indépendamment.

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5 raisons pour lesquelles la non mixité est un impératif et pourquoi nous sommes fatiguées d’avoir à nous en justifier

Voilà plus de cinquante ans que les vertus de la non mixité dans les luttes pour l’émancipation des groupes minorisés ont été pensées, questionnées, mises en pratique et revendiquées. Cinquante ans, et nous en sommes toujours là, sommées de nous expliquer, de nous justifier, comme si nous n’étions là que pour ça : rendre intelligibles nos luttes. Cinquante ans qu’on nous refuse de pouvoir choisir jusqu’aux moyens de nous rassembler.

Si la pédagogie est, dit-on, l’art de la répétition, comprenez bien que nous refusons de rentrer dans le cercle sans fin des justifications. Non seulement parce que nous sommes fatiguées de mettre au coeur de nos discussions l’éternelle question de la place des hommes dans le féminisme, mais aussi, et surtout, parce que nous refusons cette injonction continuellement faite aux femmes, comme à tout groupe opprimé, d’avoir à légitimer leur existence et leurs actions. Nous n’avons pas la moindre intention d’attendre de qui que ce soit une validation de nos outils de lutte. Au contraire nous revendiquons sans concession la non mixité comme un choix politique. Et voici pourquoi.

1. Parce que nous avons retenu les leçons de l’histoire

Ce que nous ont appris dès les années 60 les mouvements de lutte pour les droits civiques des Noir.es américain.es, c’est qu’il ne faut pas attendre des personnes qui tirent leurs privilèges d’un système de domination qu’ils et elles y renoncent d’eux et d’elles-mêmes, par générosité, humanisme ou bienveillance. Tout mouvement, mixte à ses débuts, est rapidement confronté à l’impossibilité d’avancer sans déconstruire, en son propre sein, les rapports de domination qui peuvent s’y nouer. Car comme l’écrit la sociologue et féministe Christine Delphy, “dans les groupes mixtes, Noir.es-Blanc.hes ou femmes-hommes, et en général dans les groupes dominés-dominants, c’est la vision dominante du préjudice subi par le groupe dominé qui tend à… dominer.” L’expérience des Noir.es américain.es, mais aussi du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) l’a montré : en mixité, ce sont toujours celles et ceux qui tirent avantage du système qui se retrouvent au premier plan, reproduisant au sein même du mouvement militant les logiques oppressives que celui-ci cherche à déduire et, pire, le vidant de son contenu politique. Les exemples sont légion, mais pour n’en citer qu’un seul il n’y a qu’à relire l’anecdote rapportée récemment par Caroline de Haas à propos de la création en 2009 de l’association, aujourd’hui bien implantée dans le paysage militant, Osez le féminisme : “Dans la salle, une centaine de personnes, 85% de femmes. A la fin de la rencontre, 33% des femmes présentes et 45% des hommes présents avaient pris la parole. Les femmes avaient parlé en moyenne 2 minutes, les hommes 4 minutes. Dans une réunion féministe, avec 85% de femmes, nous reproduisions les inégalités dans la prise de parole.” Quel groupe féministe mixte n’a-t-il pas expérimenté ce phénomène ? Et quelle légitimité porte un collectif féministe qui ne permet pas aux premières concernées de s’exprimer ?

 

2. Parce que nous revendiquons d’être les mieux placées pour parler des sujets qui nous concernent

Laisser du temps de parole aux hommes, c’est leur laisser nous expliquer notre réalité. Or en matière sociale, l’objectivité n’existe pas, et ce n’est pas parce qu’un individu se sent en dehors d’un rapport de pouvoir qu’il peut prétendre porter un regard neutre. Car personne n’est en dehors du système. Il n’y a pas d’opprimé.e sans oppresseur.e. Nous n’avons donc pas besoin de l’avis d’un homme pour savoir si notre perception de notre vécu est juste. Nous refusons de perdre notre temps et notre énergie à vous convaincre que OUI le sexisme est une réalité vécue au quotidien, que les violences que nous subissons sont réelles et que NON ce n’est pas parce que vous ne voyez rien que cela n’existe pas. Nous n’avons pas non plus besoin de l’avis d’un homme sur nos choix d’action car les conséquences, c’est nous qui les subiront. C’est pourquoi nous revendiquons la pratique de la non mixité comme une déclaration d’indépendance : ne nous libérez pas, on s’en charge ! Nous fixons nous même nos conditions et notre agenda politique.

3. Parce que nous revendiquons une parole libérée des codes de domination

Parce que les hommes bénéficient d’un statut privilégié fondé sur l’oppression des femmes et de ce qui est perçu comme féminin, nous exigeons des espaces où nous seront à même de définir et d’assumer ce que nous sommes, indépendamment du regard masculin. Des espaces où nous nous sentirons libre de toute injonction : injonctions faites à nos corps, à nos voix, à notre ton, à notre parole. Injonction à “oser”, à “nous assumer”, à “bien parler”. Nous sommes fatiguées d’avoir à être polies, gentilles, jolies et souriantes alors que nous avons besoin de parler de douleurs, de peurs, de crimes et de colère. Parce que la parole des femmes est toujours de “trop” (trop bavarde, trop criarde, trop faible…) et qu’une “vraie femme” est une femme silencieuse, nous revendiquons des espaces où notre parole n’est justement pas une “parole de femme”, mais la nôtre.

4. Parce que nous revendiquons le droit de parler sans crainte

Les violences, les agressions et les humiliations que nous subissons au quotidien sont propres à notre condition de femme. C’est parce que nous portons ce que la société a construit comme un stigmate, la “féminité”, que des hommes se permettent constamment de nous rappeler à l’ordre, de nous signaler notre subordination et ce qu’il en coûte de vouloir en sortir. Ce sont des hommes qui frappent ou violent à la maison, qui insultent dans la rue, qui mettent en pratique ce paternalisme agressif, si courant dans les cercles de pouvoir. Et si parfois ces violences s’adressent à d’autres hommes (souvent perçus, est-ce un hasard, comme efféminés), ce sont les femmes qui en font les frais les premières. Dans ces conditions, nous revendiquons le droit de construire des espaces libres, où nous ne risquons pas de côtoyer ceux-là même qui participent et tirent avantage de cette hiérarchie oppressive. Nous refusons d’avoir à faire attention à ne pas nous mettre en situation de rencontrer un potentiel agresseur. Toute notre attention, toute notre énergie doit pouvoir être consacrée à nos actions, à nos réflexions, au développement de stratégies militantes. La ténacité avec laquelle des hommes viennent régulièrement perturber les réunions non mixtes de la Nuit Debout ! nous semble ainsi particulièrement ironique : ces hommes qui s’insurgent de l’exclusion dont ils prétendent être les victimes sont par ailleurs bien silencieux, pour ne pas dire complètement indifférents, aux agressions sexuelles que des militantes ont pu y subir.

5. Parce que nous refusons de tenir compte de vos sentiments

Alors oui, nous le savons, vous n’êtes pas comme ça, vous. Vous êtes sans aucun doute une bonne personne, et même peut-être un mec bien ? C’est curieux comme tous les hommes que nous côtoyons sont des mecs bien ; à les entendre, le sexisme tomberait du ciel, de manière complètement désincarnée. Tout le monde s’accorde à reconnaître l’importance de l’égalité femmes/hommes mais personne n’ose parler du fait que ce sont des personnes réelles qui les mettent en oeuvre. A vrai dire peu nous importe car pour une fois, il n’est pas question de vous, ni de votre ego mais d’un système, le patriarcat, que nous nous attachons à détruire. En tant que groupe, en tant que classe, les hommes jouissent d’un certain nombre de privilèges, mais ce n’est pas à celles et à ceux qui en font les frais de faire taire leur douleur, de ménager l’amour propre des dominants, ni de les convaincre de la réalité des oppressions qu’elles et ils vivent. C’est fou comme le débat avance drôlement plus vite lorsqu’on n’a pas à perdre énergie et temps à expliquer à chacun que ce n’est pas de lui dont il est question, que ce n’est ni le lieu ni le moment de faire de la pédagogie, qu’ici, pour une fois, le centre de l’attention, de notre attention, c’est nous !

 

Alors, oui, la non-mixité ça peut faire peur. Parce qu’on décide de ne plus se taire. Parce qu’on décide d’être les maîtresses de nos vies. Parce que notre non mixité à elle seule est politique et fragilise le pouvoir masculin. Mais, devinez quoi, on ne vous demande pas l’autorisation ! Et aussi longtemps que cela nous semblera nécessaire, nous utiliserons cet outil. Et aussi longtemps que d’autres groupes dominés le penseront nécessaire, nous les soutiendrons.

Oh les Garçes ! #1

Nous avions lancé un appel à contribution en novembre dernier pour notre projet de zine – pour rappel, il s’agit de magazines auto édités confectionnés par les membres d’une communauté qui souhaiteraient explorer des sujets rarement traités dans les médias – et après quelques dizaines de mails et une lutte acharnée contre des ordinateurs récalcitrants, nous sommes heureuses de vous présenter le résultat final.

Oh les Garçes est le fruit du travail de 20 contributrices et contributeurs. Vous y trouverez des poèmes, articles, illustrations, photographies et mêmes des broderies ! Encore un grand merci à ceux et celles qui ont bien voulu partager leur travail avec nous. Tous les travaux inclus dans le zine sont leur propriété et nous vous demandons à ce titre de ne pas les utiliser sans leur permission.

Pour toutes questions, remarques ou réclamations au sujet du zine – ou d’autres choses d’ailleurs –  n’hésitez pas à nous envoyer un mail à garces.sciencespo@gmail.com.

D’ici là, bonne lecture !

Féministement votre,

G.A.R.C.E.S

 

 

Note : ce zine ayant été conçu en double page, 
vous pouvez le télécharger et activer la
visualisation adéquate pour une lecture 
plus agréable ! 

FANZINE GARCES – Appel à contributions / Call for submission

=== ENGLISH VERSION BELOW ===

Cette année, Garçes a décidé de se lancer dans l’aventure du fanzine !

Pour celleux qui n’auraient jamais entendu parler de ces petites bestioles que sont les fanzines, il s’agit de magazines confectionnés par les membres d’une communauté pour explorer des sujets qui ne sont pas suffisamment traités par la presse traditionnelle.
Garçes lance donc le sien et pour cette raison, nous faisons appel à vos contributions. Le thème est libre, vous pouvez donc aborder tous les sujets qui vous plaisent, du moment qu’ils ont un lien avec les questions queer et/ou féministes. Pour le format, vous pouvez laisser libre cours à votre imagination : articles, nouvelles, strips, dessins, photos,collages….La seule limite étant que votre contribution doit pouvoir être scannée, convertible au format PDF et/ou imprimable. Nous acceptons les contributions dans toutes les langues et une traduction peut être proposée par l’auteur-e ou travaillée avec nous pour celles qui ne sont pas en français

Nous ouvrons l’appel à contributions jusqu’au 31 mai inclus. Vous pouvez nous envoyer vos productions par mail, garces.sciencespo@gmail.com avec pour objet “contribution Fanzine” , ou par voie postale (contactez garces.sciencespo@gmail.com pour les informations nécessaires, en précisant dans l’objet de votre mail “envoi Fanzine”).

Nous vous précisons que nous nous réservons le droit de refuser toute production discriminante ou répandant des propos intolérants et/ou oppressants. Nous nous engageons néanmoins à expliquer l’objet de notre refus à l’auteur-e et à lui laisser le droit de proposer une nouvelle version.

Pour toutes questions et remarques, ou simplement si vous voulez suivre l’avancement du projet, n’hésitez pas à vous inscrire sur notre événement facebook : https://www.facebook.com/events/137090946654637/

De l’amour féministe et queer,

G.A.R.C.E.S

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This year, Garçes has decided to make its very own fanzine!
For those of you whom has never heard about fanzines, there are magazines created by members of a communauty to explore topics that are not covered well enough by the mainstream medias.

Thus, Garçes launched its own and for that purpose, we need your contributions! There is no designated theme, so you can tackle any topics you want, as long as it has a link with queer and/or feminist questions. As for the format, once again you can unleash your imagination: articles, short stories, strips, drawings, pictures, collages… The only restriction is that we must be able to scan, convert to PDF and/or print your submission. We will accept contributions in any languages and a translation can be either submitted by the authors themselves or worked with us for those that are not in French.

We open this call for submission until 31th May included. You can send us your productions by email, at garces.sciencespo@gmail.com with the subject “contribution Fanzine”, or by mail (contact garces.sciencespo@gmail.com for the details, specifying “envoi Fanzine” in the subject)

We inform you that we may refuse any production that spread discriminatory, intolerant and/or oppressing ideas. Nevertheless, we will explain the reasons of our refusal to the authors and allow them to submit another version of their work.

If you have any questions or remarks, or if you want to follow the project throughout the year,  do not hesitate to join us on the facebook event : https://www.facebook.com/events/137090946654637/


Feminist and queer love,

G.A.R.C.E.S