AUX (GRANDES) FEMMES, LA SOCIÉTÉ RECONNAISSANTE

Cette année pour le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Garces a rendu hommage à 9 femmes qui ont milité pour l’acquisition de nos droits : Angela Davis, Simone Veil, Monique Wittig, Rosa Parks, Emmeline Pankhurst, Leymah Gbowee, Hubertine Auclert, Gisèle Halimi, et Louise Michel. Le 8 mars est la commémoration de leur travail, de leurs combats et une continuité de leur lutte.

Nous vivons, en France et ailleurs, un moment particulier. La parole des femmes s’est libérée. Elles ont ouvert, un instant, un espace pour parler des violences sexistes et sexuelles qu’elles ont subies. On nous a accusé en retour d’être des délatrices, des puritaines, de vouloir dresser les femmes contre les hommes, voire de déclarer une “guerre entre les sexes”. On nous reproche d’être en colère

Qui déclare la guerre ? N’oublions pas que notre colère vient de la violence des hommes. N’oublions pas qu’aujourd’hui, en France, nous vivons encore dans un système de domination sexiste :

– Une femme est tuée tous les trois jours par son partenaire ou ex-partenaire. Les médias continuent à les qualifier de “crimes passionnels” quand ce sont, en fait, des féminicides.
– Une femme sur 10 est violée au cours de sa vie. 11% des victimes portent plainte et les auteurs de ces viols sont condamnés en Cour d’Assises dans uniquement 1 à 2% des cas, renforçant le sentiment d’impunité.
– Les femmes sont touchées durement par la précarité et la pauvreté. 70% des travailleurs pauvres sont des travailleuses et elles occupent 62% des emplois non qualifiés.
– Si elles nous touchent durement dans la sphère privée, les violences sexistes et sexuelles nous suivent aussi hors de nos foyers : 1 femme sur 5 est confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et 100% des femmes déclarent avoir été victime de harcèlement de rue.

Cette situation ne changera pas sans des actions concrètes. Emmanuel Macron avait annoncé faire de la lutte contre les discriminations sexistes “une priorité”. Pourtant nous ne voyons rien de concret : Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, n’a pas reçu plus de moyens ; la suppression des contrats aidés diminue un peu plus les ressources des associations féministes qui accompagnent au quotidien les femmes victimes de violences ; Edouard Philippe, chef du gouvernement, accorde “toute sa confiance” à Gérard Darmanin, accusé d’agression sexuelle. Alors, nous sommes en colère.

Célébrer le 8 mars, c’est célébrer les engagements féministes issus de nos luttes historiques. Nous continuerons le combat.

ANGELA DAVIS

Militante révolutionnaire féministe et antiraciste, figure majeure du Black Feminism.Elle adhère au parti communiste à 18 ans et se rapproche du mouvement Black Panthers en 1967.Elle se mobilise contre la condamnation à la prison à vie d’un de ses camarades, George Jackson, membre des Black Panthers, pour vol alors qu’il n’avait que 18 ans.Le 7 août 1970, une prise d’otage visant à sa libération est organisée durant laquelle quatre personnes sont tuées et trois blessées. Angela Davis est alors accusée par le FBI d’être complice de la prise d’otage pour avoir fourni des armes. Le FBI l’inscrit sur la liste des personnes les plus recherchées (“Most Wanted List”). Après une longue course poursuite, elle est arrêtée et placée en détention provisoire dans l’attente de son procès. Suite à une forte mobilisation internationale et un procès très médiatique, son innocence est démontrée et elle est acquittée. Elle milite par la suite contre le système industrialo-carcéral, contre la guerre du Viet Nam et plus généralement contre le racisme et le sexisme. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, notamment Femmes, race et classe et La prison est-elle obsolète ?.

 

SIMONE VEIL

Née en 1927 et morte en 2017, Simone Veil est déportée à Auschwitz à 16 ans. La jeune fille juive survit à la Shoah, et commence des études de droit et de science politique dès 1946. Elle devient haut fonctionnaire. En 1974, elle est nommée Ministre de la Santé. Elle affronte les insultes, les menaces et les attaques de l’ensemble de la classe politique quand elle défend le droit à l’avortement à l’Assemblée Nationale. Elle finira par faire adopter la loi en 1975. C’est également une femme de lettres, qui rentre à l’Académie française en 2008.

 

HUBERTINE AUCLERT

Hubertine Auclert (1848 – 1914) est une militante féministe française en faveur du droit des femmes à l’éligibilité et du droit de vote des femmes.
Ecartée de la carriere religieuse qu’elle ambitionnait car trop indépendante, Hubertine Auclert rejoint la Ligue française pour le droit des femmes et devient, la première militante française à se déclarer « féministe ». Elle lance un « appel aux femmes de France » et une grêve générale de l’impôt pour les femmes, ainsi qu’un journal féministe.

 

ROSA PARKS

Rosa Parks (1913-2005) est une femme africaine américaine et figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis.Elle est devenue célèbre le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama) en refusant de céder sa place à un passager blanc dans l’autobus. Elle participe à la campagne de protestation et de boycott des bus qui dura 381 jours, au côté de Martin Luther King.Elle continue son combat contre les discriminations après l’adoption en 1964 par le Congrès du Civil Rights Act.

 

MONIQUE WITTIG


Née en 1935, Monique Wittig est une militante lesbienne radicale, romancière et théoricienne française. Elle est une des fondatrices du Mouvement de Libération des Femmes, groupe militant féministe matérialiste des années 1970 qui lutte pour les droits des femmes et contre les violences qui leur sont infligées. Le MLF lutte pour le droit à la contraception et l’avortement libres et gratuits. Elle participe également à la formation du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) et des Gouines Rouges. Elle théorise le lesbianisme politique dans son essai La Pensée Straight. Elle conteste également le point de vue masculin dit universel dans la création littéraire à travers ses romans, tels L’Oponax et les Guerillères. Elle meurt en 2003 d’une crise cardiaque.

LEYMAH GBOWEE

Née en 1972, Leymah Gbowee devient la responsable de l’organisation Women of Liberia Mass Action For Peace en 2003 contre la deuxième guerre civile au Libéria, qui mène l’élection de la première femme présidente en Afrique, Ellen Johnson Sirleaf. Elle est à l’origine d’une grève du sexe en 2002 pour visibiliser son combat. Elle obtient le prix Nobel de la paux en 2011 pour avoir « mobilisé et organisé les femmes au delà des lignes de division ethniques et religieuses afin de mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections ».

LOUISE MICHEL

Louise Michel (1830-1905) est une militante anarchiste, figure majeure de la Commune de Paris et une institutrice. Elle est arrêtée en 1871 pour avoir participé en première ligne à la Commune, comme combattante et infirmière et elle est déportée au bagne en Nouvelle Calédonie. Elle y reste 7 ans, et prend position en faveur des Kanaks lors de la grande kanak de 1878. A son retour à Paris, elle continue son action militante et participe à des manifestations anarchistes. Tout au long de sa vie, elle lie son engagement anarchiste au féminisme. Elle écrit dans ses mémoires « La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité« , « Les femmes, surtout, sont le bétail humain qu’on écrase et qu’on vend » et « Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise« .

 

GISELE HALIMI

Avocate, militante féministe, députée, écrivaine, elle a été l’une des principaux avocats du Front National de Libération algérien, elle a également défendu de nombreuses personnalités telles que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Françoise Sagan, ou encore Henri Cartier Bresson.Elle fonde en 1971 le mouvement féministe CHOISIR qui promeut le droit à l’avortement et l’accès libre à la contraception. Elle participe au procès de Bobigny en 1972, premier événement qui porte le débat public sur la légalisation de l’avortement.En tant que députée, elle plaide pour l’abolition de la peine de mort et dépose plusieurs propositions de loi, pour le congé parental, le remboursement de l’IVG, la dépénalisation de l’homosexualité etc.Elle est aussi l’auteure de nombreux livres, dont notamment La Cause des femmes paru en 1974.

 

EMMELINE PANKHURST

Emmeline Pankhurst est une militante féministe britannique et une des figures clefs du mouvement des Suffragettes. Elle se prononce en faveur du vote des femmes dès la fin du 19e siècle. A la mort de son mari, elle fonde la Women’s Political Union, une organisation féministe non mixte. Leurs actions étaient connues pour leur violence (attaque sur des policiers, fenêtres détruites), qui les conduit à plusieurs reprises en prison. Elle meurt quelques semaines avant l’extension du suffrage aux femmes en 1928.

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