Réunion pour les personnes concernées par les violences sexuelles: nous ne nous tairons plus !

S I L E N C E ! (?)

Viols, agressions sexuelles, tentatives de viol : nous ne nous tairons plus !

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G.A.R.ç.E.S, le collectif féministe et LGBTQI[1] de Sciences Po organise une réunion autour des thématiques du viol, des agressions sexuelles et des tentatives de viol.

Notre objectif est de permettre aux personnes concernées (sans distinction de sexe, genre, sexualité, âge, etc.) par ces problématiques de se retrouver ensemble, dans un espace garantissant l’anonymat et le respect de chacun.e., afin de briser le silence, la solitude, la honte.

Rendez-vous le mercredi 20 mars de 19h15 à 21h15 en salle A14.

 

Violences sexuelles : de quoi parlons-nous ?

 

Le droit français définit le viol comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. ». L’usage d’un pénis, d’un ou plusieurs objets, d’un ou plusieurs doigts, le sexe oral/anal sous contrainte, etc., rentrent dans le champ de définition de la pénétration sexuelle.

Une agression sexuelle est quant à elle constatée lorsque la personne est l’objet de « tout acte à caractère sexuel sans pénétration commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise ». Le champ des agressions sexuelles est également très large ; il comprend notamment le frotteurisme, l’exhibitionnisme, les attouchements au-dessus des vêtements, les « caresses » des parties intimes, etc.

On estime qu’une femme sur 6 et 5% des hommes

ont vécu ou vivront un viol, durant leur existence.

Contrairement aux préjugés habituels, les violences sexuelles sont très majoritairement perpétrées par des personnes proches ou connues de la victime (parentèle, fratrie, voisin.e.s, professeur.e.s, conjoint.e.s, ami.e.s, etc.), dans l’enfance de la personne comme à l’âge adulte.

Elles peuvent avoir lieu dans le cadre conjugal, amical, festif, familial. Elles peuvent être collectives ou correctives (à l’endroit des femmes lesbiennes), commises sous l’emprise de certaines substances, notamment l’alcool, perpétrées par un.e inconnu.e ou un.e ami.e. Elles peuvent suivre, accompagner ou précéder une agression physique.

Les violences sexuelles touchent majoritairement les femmes, mais également les hommes ou autre, qu’elles/ils soient hétéros/bi.es/gays/lesbiennes/trans, travailleur.se.s du sexe, etc.

Les chiffres sont alarmants. Pourtant…

Seules 10% des victimes d’agressions sexuelles et 13% des victimes de viol porteraient plainte,

tandis qu’uniquement 2% des procédures aboutissent à une condamnation.

 

Quand céder n’est pas consentir

L’un des stigmates les plus révélateurs de nos vécus, c’est la honte. Les personnes concernées hésitent très souvent à déposer plainte, à en parler ou simplement à demander de l’aide. La honte est l’un des mécanismes les plus puissants pour faire taire les dominé.e.s et pour produire des comportements qui ont tendance à mener à la culpabilisation (« je l’ai bien cherché », « pourquoi ne me suis-je pas défendu.e ? »), ou à la minimisation (« ce n’est pas si grave », « ce n’est pas vraiment un viol », etc.).

La honte oblige au silence !

Et, bien évidemment, nous avons vécu la peur. La peur de ne pas être cru.e.s, peur des représailles, peur d’être jugé.e.s, peur de faire de la peine aux parents, peur d’aller voir la police et/ou la justice, etc. Ce sentiment est souvent renforcé par les réactions inadaptées, voire négatives ou même parfois franchement méprisantes de l’entourage –combien de fois avons-nous pu entendre autour de nous des réflexions du type « Si ces filles avaient été habillées autrement, elles n’auraient pas été violées ! », ce qui est parfaitement mensonger. En outre, le manque d’infrastructures adaptées pour pouvoir s’exprimer librement, partager son vécu, voire éventuellement bénéficier d’une aide/d’un suivi concourent à pérenniser et légitimer ce sentiment de honte.

La peur oblige au silence !

Les conséquences physiques et psychologiques des violences sexuelles sont réelles et dramatiques : isolement, crises d’angoisse/panique, stress post traumatique, douleurs, difficulté de concentration, confusion, troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, etc.), insomnies, cauchemars, dégoût de soi, flash-backs, troubles de la sexualité,  culpabilité, honte, etc. Les risques de grossesses non désirées et de contraction des IST (notamment le VIH) sont des réalités, tandis que le taux de suicide est nettement plus élevé que la moyenne chez les personnes victimes de violences sexuelles.

La violence oblige au silence !

En tant que féministes, nous refusons avec force et puissance l’ensemble des discours visant à stigmatiser, relativiser, invisibiliser nos expériences.

Nous refusons de souscrire à la honte, à la peur, à la violence. Nous voulons faire taire les discours moraux et hétéro-sexistes, nous voulons nous exprimer librement.

Nous exigeons que nos silences se transforment en discours et en actes !

Reconnaissons-nous ! Parlons-nous ! Regardons-nous !

Au cours de la réunion, chacun.e est libre de prendre la parole ou pas et/ou de quitter la salle dès qu’elle/il le souhaite. Notre objectif est d’aménager un espace de « confiance » qui permette aux personnes concernées de se retrouver et de s’exprimer, en total anonymat.

Nous n’établissons aucune hiérarchie entre les différents types d’expériences qui ont pu être vécues : quelle que soit l’agression dont vous avez été l’objet, vous êtes la/le bienvenu.e.

Afin de poursuivre les réflexions suscitées par cet atelier, le collectif organisera une réunion publique la semaine suivante autour de la notion de « consentement ».

Pourquoi une réunion réservée uniquement aux personnes concernées ?

Au cours de notre vie, nous n’avons jamais la possibilité de nous retrouver entre personnes concernées par les violences sexuelles, pour partager nos expériences, notre colère, nos idées, nos doutes, etc. Comme de tels espaces n’existent pas, c’est donc à nous de les créer ! Ces cadres sont pensés comme des espaces autonomes de résistance à l’oppression et se donnent pour objectif l’auto-émancipation des individus.

Cela étant, les vécus individuels sont souvent multiples et rarement linéaires. C’est pourquoi nous refusons de procéder à un contrôle des expériences et des consciences de chacun.e. Nous accepterons toutes les personnes qui estiment être concernées par ces questions, quelle que soit leur histoire personnelle, sans distinctions de sexe, de genre, de sexualité, d’âge, etc. Cela étant, les vécus individuels sont souvent multiples et rarement linéaires. C’est pourquoi nous refusons de procéder à un contrôle des expériences et des consciences de chacun.e. Nous accepterons toutes les personnes qui estiment être concernées par ces questions, quelle que soit leur histoire personnelle, sans distinctions de sexe, de genre, de sexualité, d’âge, etc. 

[1] LGBTQI : Lesbiennes, gays, bi.e.s, trans, queers et intersexes.

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