Prenez la parole

madame bavarde trans

Un des premiers ateliers proposés par les Garçes consistait à un atelier Prise de Parole en Public. BIen que l’atelier était mixte une majorité du public y assistant étaient des étudiantes rencontrant des difficultés au moment de s’exprimer. Or, il était important d’évoquer ce thème lors de ce séminaire prévu comme un outil d’auto-émancipation car la prise de parole est un outil de prise de l’espace, et oser affirmer que quelque chose nous plait ou déplait, c’est oser exister.

Il est aussi important de constater que ce phénomène de “pseudo timidité” n’est pas un trait de caractère, c’est un problème perçu comme individuel mais qui est massivement rencontré chez tou-te-s ceux qui ne se sentent pas confiant. C’est une des formes de domination de genre: alors que paradoxalement la prise de parole est souvent perçu comme féminine via les bavardages (ie une conversation qui n’apporte rien, qui n’est pas sérieuse), on constate des tendances chez les personnes socialisées comme des hommes à interrompre les conversations, monopoliser la parole.

 

1. Lister les difficultés rencontrées au moment de prendre la parole:

Un tour de table de présentation, et d’exposition des difficultés rencontrées au moment de parler s’est mis en place. Malgré le malaise du début, l’espace est devenu rapidement un espace de bien être où chacun-e pouvait admettre ce qui les empêchait de parler.

Ici figurent tous les types de difficultés citées lors de ce tour de table:

 Manque de légitimité

Contrôle de soi/ de son image

Rougir/ Réactions physiques /sueur

Assumer ses idées/ étiquettes

Stress/ peur

Timidité

Mal à l’aise / humiliation

Sentiment d’infériorité

Capacité à s’exprimer correctement : maitrise des codes

Posture d’écoute

Emotion vs raison intellect

Age et nombre des autres sexes

« Sujets sérieux »

Sentiment de n’avoir rien de dire/ à apporter =) cerveau vide

Frustration

Culpabilité

Savoir répondre oser répondre

2. Prendre conscience que ces difficultés traduisent des inégalités de genre qu’il s’agit de dépasser

Il faut avoir les outils nécessaires pour ne pas se sentir enfermée. A quel moment vais je pouvoir maitriser l’espace? A quel moment suis je dominée dans une conversation? Il faut anticiper les situations face à la persistance des clichés: ainsi les sujets politiques, ceux où la raison prévaut, ne sont pas des sujets qu’une fille maitrise. Sur les traces physiques, il faut essayer de les maitriser ou avoir recours à l’humour pour reprendre le dessus. C’est un travail de long terme qu’il faut mettre en oeuvre pour prendre conscience que nous sommes tous légitimes dans cet espace de parole et cet espace physique.

Se dire qu’on a le droit,et essayer ainsi d’agir sur notre passivité pour palier les situations de frustrations. Cette passivité bien que genré est partagée aussi par des hommes qui ne se sentent pas maitres des codes, ou est influencé par une personne qui parait plus dominant. Car oser parler c’est véritablement une prise de pouvoir sur soi (Virginie Despentes).

Essentiel de se DECULPABILISER: humiliée par son silence, volonté de parler difficile à surmonter dans un cadre non bienveillant.

3. Exercices de théatre

Il faut au contraire assumer les réactions de son corps, poser sa vie, s’ancrer dans le sol, et trouver des alliés visuels au moment de prendre la parole.

– Respiration 1: inspirer au maximum puis bloquer 10 sec et lacher tout d’un coup /

– Respiration 2: inspirer au maximum puis expirer le plus longtps possible et reprendre sa respiration, et inspirer max puis bloquer 10 secs et crier une cause de l’AUTOCENSURE.

– Jeu de rôles: devoir argumenter une situation vue comme délicate

4. Savoir répondre à un interlocuteur/interlocutrice

Il existe une technique simple pour pouvoir articuler son propos et répondre rapidement: elle consiste à reprendre la phrase en question (1), l’analyser (2) et mettre en avant ses conséquences (3) (ou contexte/analyse/proposition). Cette technique permet d’avoir le temps de canaliser sa réflexion autour de 3 axes: “voilà ce que tu dis ou penses, voilà ce que je pense et donc voilà ce que tu devrais faire.” Il ne faut pas hésiter à se répeter, pour asseoir la cohérence de ses propos.

Par exemple: Tu as dit que c’était la crise, cela a pour conséquence la coupe des services

                                      (1)                                (2)

publics donc il faut se mobiliser.

(3)

5. Ressenti des participant-e-s à cet atelier

Tou-te-s les participantes ont reconnu l’utilité de cet atelier et la réussite de ses animatrices à créer un espace protégé. On a senti ce côté solidaire, qui donne de la force. Ainsi il est important de multiplier ses formations de prise de parole pour se donner assez de force pour oser parler dans un cadre plus hostile.

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