Les luttes féministes doivent faire barrage au racisme et à la droite extrême

Marine Le Pen : « J’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que, dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc » (11/12/2010)

 Claude Géant (alors ministre de l’Intérieur) : « Toutes les civilisations ne se valent pas […] celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes … » (04/02/2012)

           

            Être féministe, c’est aussi combattre le racisme

            En ces temps de xénophobie décomplexée, nous réaffirmons le positionnement de G.A.R.Ç.E.S en tant que collectif féministe et LGBTQQI a-partisan, unitaire, radical et de lutte. Par conséquent, notre collectif se bat aux côtés de toutes et tous les opprimé-e-s, et combat activement le racisme et les politiques de la droite extrême qui banalisent la stigmatisation et l’exclusion des « Autres », et en particulier des étranger-e-s ou personnes envisagées comme telles, des musulman-ne-s, des minorités de genre et sexuelles, des malades et des précaires.

            Qui sommes-nous, nous ces femmes, ces lesbiennes, ces gays, ces trans, qui luttons pour obtenir l’égalité et l’émancipation? Nous avons des identités multiples : nous ne sommes  pas tou-te-s blanc-he-s, hétéros, catholiques, de classe moyenne et supérieure! Nous subissons des oppressions multiples, de genre ou de sexualité, mais aussi de race, de classe, de religion, de handicap, etc. Etre féministe, c’est donc lutter aux côtés de TOUTES les femmes, pour l’émancipation de TOUTES les minorités !

             En tant que féministes, nous avons un rôle particulier à jouer dans le combat contre le racisme ambiant, car le thème du droit des femmes est instrumentalisé pour nourrir la rhétorique raciste et sécuritaire. Pendant 5 ans, la présidence Sarkozy a insufflé un discours islamophobe, en insinuant que les musulmans sont intrinsèquement sexistes. Ainsi, la droite ne s’est souciée de féminisme que lorsqu’il s’agissait de justifier ses politiques racistes.  Le résultat de cet amalgame xénophobe est complètement anti-féministe puisqu’il stigmatise et exclut avant tout des femmes. L’accumulation de ces différentes lois (interdiction du port de la burqa, interdiction pour des femmes voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire, interdiction pour les assistantes maternelles de porter le voile, même dans le cadre privé de l’exercice de leur travail, etc.) représente une réelle menace pour la liberté des FEMMES.

             Nous devons répéter, encore, que l’hétéro-sexisme n’a ni frontière, ni religion (rappelons que les intégristes catholiques ont manifesté à maintes reprises contre le droit à l’IVG), ni classe, ni race. De plus, les violences faites aux femmes ne se déploient pas uniquement dans la rue et dans les « banlieues », mais avant tout dans le cercle privé et sont majoritairement exercées par un proche. Par ailleurs, elles ne s’arrêtent pas à la porte des familles bourgeoises ou blanches ou catholiques.

             Être féministe, c’est faire le constat d’un recul de nos droits et de la dégradation de notre situation socioéconomique pendant le mandat de Sarkozy.

            Outre ce discours raciste, nous déplorons le bilan des politiques de l’UMP :

Pour les femmes, entre autres :

 Moins d’autonomie

  • Politique de démantèlement du service public : moins de femmes embauchées (L’Etat est le plus important employeur de personnel féminin) et moins de possibilités pour se décharger du travail domestique (qui repose encore trop majoritairement sur les femmes).
  • Loi sur les retraites : les femmes sont plus particulièrement touchées puisque leurs carrières sont généralement plus courtes et qu’elles sont massivement concernées par le travail à temps partiel (aujourd’hui : 40% de différence entre les femmes et les hommes pour le montant de la retraite)
  • Augmentation de la précarité : avec la multiplication des temps partiels ou des CDD, l’attaque du CDI, l’augmentation du chômage…, les femmes sont à nouveau en première ligne.
  • Promesses sur l’égalité salariale non tenues.

Menace du droit à disposer de son corps

  • Diminution des subventions au Planning Familial,
  • Fermeture de centres de planification et d’IVG,
  • Remise en cause de l’avortement et de la contraception.

Criminalisation de la prostitution :

  • Relégation et stigmatisation des prostituées qui continuent de travailler mais dans des conditions qui ne cessent de se dégrader ;
  • Pas de véritables moyens pour lutter contre le proxénétisme.

Pour les LGBTQQI, entre autres :

Les trans ne bénéficient d’aucune avancée :

  • Le retrait des « troubles de l’identité sexuée » de la liste des affections psychiatriques de longue durée ne change pas la procédure de transition qui reste particulièrement patholigisante et humiliante,
  • Les migrants trans sont durement réprimé-e-s, notamment s’ils/elles sont séropositifs ou séropositives,
  • Le changement de genre/sexe à l’état civil nécessite toujours la stérilisation ainsi qu’une autorisation du juge au « cas par cas » (ce qui renforce les inégalités territoriales).

Les couples de même sexe demeurent dans des situations d’inégalité et de grande précarité :

  • Si certaines améliorations ont été apportées au PACS, elles occultent les revendications les plus urgentes comme l’inscription du contrat sur l’acte de décès,
  • Le refus aux couples de même sexe de la légalisation du mariage, de l’adoption, de la PMA, constituent entre autres des discriminations et fragilisent les familles homoparentales qui ne bénéficient, de fait, d’aucune protection.

Le milieu éducatif, encore rétrograde :

  • Les efforts et moyens investis dans le domaine de l’éducation (lutte contre l’homophobie notamment) ont été progressivement abandonnés,
  • L’éducation aux sexualités à l’école demeure inchangée – voire absente – et ne correspond pas aux besoins des jeunes.
  • L’UMP s’est caractérisé par une véritable complaisance envers certaines associations catholiques (l’affaire de la « théorie du gender » dans les manuels scolaires).

Les IST, MST et le Sida ont été écartés des grandes politiques de santé publique

  • Les luttes contre le SIDA, les MST et les IST ne font plus partie des priorités de santé publique et voient leurs subventions diminuer,
  • Les hommes ayant des relations avec des hommes n’ont toujours pas le droit de donner leur sang,
  • Les personnes séropositives sont toujours privées des soins funéraires.

Certains membres et allié-e-s de l’UMP ont fait preuve d’un conservatisme et d’une LGBTQQI-phobie sans précédent

  • Christian Vanneste, Christine Boutin, Brigitte Barrège, n’ont jamais été inquiété-e-s pour leurs propos insultants et haineux.

 

Aux vues de ce constat, nous appelons :

  • à faire barrage à Sarkozy le 6 mai
  • à venir manifester, sous notre banderole G.A.R.Ç.E.S, le 1er mai contre le racisme et la haine de l’Autre que traduisent les résultats du 1er tour des présidentielles

 

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