A poil le sexisme (à la KingSize)

Le Crit : les 25, 26, 27 mars à Paris !

Le fameux et tant attendu MonarCrit, se tiendra les 25, 26 et 27 mars. Un grand moment de compétition saine, de performances, de dépassement de soi, de sport en somme, se profile. Le programme, qui est consultable sur la page Facebook de l’événement, s’annonce prometteur : «pourfendre la ribaude, se laver la bite à l’eau bénite ». C’est donc sous le signe de la testostérone que s’ouvriront ces olympiades parisiennes. Le sein dénudé de la Lilloise, le dandinement de la pompom, «les gourgandines de Saint- Guillaume », seront au rendez-vous, et fort heureusement, exalteront l’athlétisme du mâle et la fierté virile de l’IEP. Le « la » sera donné par les Ultras, les « Fils d’Arcueil » : plus vite, plus haut, plus fort dans la bêtise sexiste.

Historique des comportements du Crit : humour, surenchère et stigmates

Nul-le n’est sans savoir que le Crit et ses participant-e-s se sont toujours illustré-e-s par les blagues, chants et insultes xenophobes, sexistes et homophobes qu’ils prennent plaisir à s’échanger entre eux/elles… Jugez-en vous-mêmes :

Paris, Paris, on t’encule” “Au moins, au moins, faites le bien” “La Bulgarie, la Bulgarie, pour 5 euros t’as une pipe et une sodomie c’est le pays (bis)

où toutes les femmes disent oui” “Lillois ta femme est juste la devant nous (bis), elle nous suce le bout

Les Toulousains, Ils ont tous des petites saucisses, tous des petites saucisses, Tous des petites saucisses.

L’esprit de surenchère permanente présent lors de cette compétition sportive est-elle vraiment compatible avec les fondements de l’esprit du sport ?

Sport, compétition, teuf, alcool et humour, tels sont les maîtres mots du Crit, et nous l’avons bien entendu. Mais cet humour si largement déployé pendant les trois jours de compétition reflète en vérité l’intériorisation de stigmates portés par la société et de thèmes présents en filigrane tels que la dégradation de l’image et du corps des femmes, et c’est ce que nous souhaitons dénoncer. Cette identité collective, que le Crit s’est construite autour de blagues et de slogans, a priori inoffensifs, autour de la figure de boucs émissaires, permet la perpétuation de ces idées douteuses à Sciences Po et dans l’ensemble de notre société, et ne fait qu’entériner un peu plus encore les habitudes d’une société hétéro-sexiste.Une compétition sportive rimant avec libération sexuelle détournée et image des femmes dégradée

En fait, le/la Criteur/se est surtout une bête de sexe. La libération sexuelle, il/elle en est l’incarnation. A l’avant-garde, c’est dans le but porter valeureusement l’héritage consacré par Mai 68 qu’il/elle s’adonne à un tel étalage de sa lubricité.

Il s’agit en réalité d’un véritable détournement de l’idée de libération sexuelle, dont les femmes sont les premières à pâtir. Ceci s’inscrit dans la continuation des campagnes d’affiches de l’AS solidement ancrées dans une tradition machiste. L’image des femmes, dégradée, fait l’objet d’une essentialisation épousant des schémas érotisés, reflets de la domination masculine et de ses seuls désirs. En témoignent les pompoms parisiennes, parmi lesquelles certaines se sont subtilement rebaptisées les «pomputes », anciennement les bEE-tchs. La responsabilité des femmes dans cette surenchère est donc également importante : en acceptant le modèle dominant de sociabilité et ses codes, elles abandonnent un combat que beaucoup ont mené auparavant et continuent de mener aujourd’hui, contre le système de représentations qui consacre et banalise la figure de la femme-objet. Un combat pour une sexualité libérée, certes, mais libérée des représentations sexistes. Un combat pour des relations hommes-femmes placées sous le signe de l’égalité.

De l’humour, oui, de la subversion surtout : subversion du genre, du sexe, des schémas dominants…

Certains y décèleront de la paranoïa féministe, puisque l’essentialisation des comportements sexuels touche aussi les hommes, et qu’ils sont alors eux-mêmes victimes du modèle viriliste dans lequel ils se retrouvent enfermés. Or un tel nivellement par le bas ne procurerait aux femmes qu’une égalité au rabais, ce que nous refusons. Les féministes que nous sommes ne se consoleront pas de voir les hommes opprimés tout autant.

Quand Senghor arriva en France, face à la surenchère d’une société encore largement raciste, il déclara simplement « Je déchirerai les rires Banania de tous les murs de France ». De même, nous refusons de voir l’image univoque de la femme réifiée envahir les murs de la société, même sous le couvert de l’humour. Ne perpétuons pas l’image sexiste de la femme dont nous sommes tou-te-s victimes sans cesse. Refusons d’aller toujours plus loin dans la pérennisation du schéma de la domination masculine.

G.A.R.ç.E.S, le Collectif Féministe de Sciences Po.

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Une réflexion au sujet de « A poil le sexisme (à la KingSize) »

  1. Vraiment, vraiment, il faut arrêter. Ca atteint un stade ridicule, pitoyable. Sciences Po ne serait pas féministe ? Bouuuh, pauvre de vous, plus de fille que de garçons, pas de sélection en fonction du genre, de l’histoire du féminisme dans tous les cours d’histoire, des cours sur le féminisme à part entière. Vraiment, nous sommes tous machistes, sexistes, sans coeur. Tous les hommes présents à Sc Po sont contre les femmes, c’est sûr ! Il n’y a qu’à regarder autour de soi !

    Arrêtez, arrêtez, tout Sc Po vous répudie, même les femmes. Vous n’êtes pas crédible, en aucune façon. L’AS serait sexiste ? A cause de ses affiches de l’Isla Bonita ? Pourquoi ? Parce que les filles sont en bikini ? La belle affaire ! Les hommes aussi ! Et où est le problème dans le fait que des filles se mettent en valeur. Votre raisonnement est tellement nul… Vous voulez quoi ? Que les filles refusent de se faire voir ? Et si ça leur plait ? De quel droit vous melez-vous de ce qu’elles veulent ? Vous vous pensez plus intelligentes, plus éclairées, plus apte à décider de ce que les gens doivent faire ? Vous ne l’êtes pas !

    Le Crit n’est pas sexiste, l’AS n’est pas sexiste. Les chansons parlent de bites, de sein, de se faire tailler des pipes ? Et alors ? C’est de l’humour ! Vous comprenez ce mot h-u-m-o-u-r ?

    C’est pourtant pas compliqué ! Vous allez faire comme tous ces gros cons qui crient à l’injustice dès que le moindre de mal est fait ?

    Réveillez-vous !!!! Les hommes sont différents des femmes, ouuuuuuh ! J’ai dit quelque chose de mal là ? Non ? Et pourtant, je vous assure, regardez bien ! Il y a de choses différentes ! le sexe, les muscles, la taille, le corps, ça fait un paquet de chose !! Et vous êtes là à vouloir réduire les différences à 0. Réduire les différences c’est les refuser, refuser qu’une femme est une femme et un homme un homme.

    Vous allez jusqu’à mettre des « tout-e-s », etc. Petit point de grammaire : en français, quand le sujet avec lequel s’accordent un mot est au pluriel, masculin ET féminin, l’accord se fait au masculin pluriel ! Hein ? Vous vous rappelez ce qu’on vous apprenez en primaire ?

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