G.A.R.C.E.S 2017-2018

L’année 2017-2018 a été chargée, avec un week-end d’autoformation, une sortie ciné, trois marches, deux ateliers, une autoformation, trois séries d’affiches, deux groupes de parole, une projection et l’avancement d’une négociation avec l’administration.

Retour sur les actions que nous avons menées par ordre chronologique.

N.B. : L’article est rédigé au féminin neutre, c’est-à-dire que dans le cas de groupes mixtes ou d’un sujet dont le genre n’est pas connu, l’accord est fait au féminin.

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Procédure de changement de prénom

Suite à des négociations avec l’administration de Sciences Po menées par GARCES, EQUAL et les élu-e-s doctorant-e-s, une procédure pour faciliter le changement de prénom a été mise en place.

Un communiqué a été signé conjointement par les trois associations et publié le 19 mars 2018 à ce sujet :

« Le changement de prénom à Sciences Po, une procédure facilitée ? »

Ce communiqué s’adresse aux étudiant-e-s de Sciences Po Paris et fait suite à la dernière « Letttre pour l’égalité femmes-hommes » rédigée et diffusée par l’administration. Dans cette lettre figurait la mention de la possibilité de changer de prénom pour les étudiant-e-s trans.

Tout d’abord, nous tenons à saluer les différentes mesures adoptées, suite à nos multiples concertations, par la direction afin de promouvoir l’égalité de genre au sein de l’institution. La publicisation de la possibilité d’avoir son prénom d’usage reconnu est un signal fort envoyé par l’institution quant au sérieux de la prise en compte de la diversité ud corps étudiant. Cette indication claire va dans le sens d’une simplification des démarches administratives pour les personnes trans telle qu’envisagée par la loi Justice XXI.

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Octobre 2017 : Première Quinzaine de Visibilité Intersexe

Le Collectif Intersexe et Allié-e-s (CIA) a été fondé le 8 novembre 2016 à l’occasion de la Journée Internationale de la Solidarité Intersexe. Le collectif milite pour visibiliser l’intersexuation, combattre la pathologisation des personnes intersexes et promouvoir leur autodétermination.

Le Collectif définit l’intersexuation ainsi : “Nous définissons l’intersexuation selon deux définitions non contradictoires et non nécessairement cumulatives :

  1. Les personnes intersexes sont nées avec des caractères sexuels (génitaux, hormonaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins. Le terme intersexe s’emploie pour décrire une large gamme de variations naturelles du corps, qui se développent à tout moment de la vie.
  2. Les personnes intersexes sont des personnes ayant subi une invalidation médicale de leurs corps sexués.”

En 2017, le CIA a décidé de coordonner l’organisation d’une première Quinzaine de Visibilité Intersexe. Cette Quinzaine, à échelle nationale et qui s’est déroulée du 26 octobre 2017, Journée de la Visibilité Intersexe, au 8 novembre 2017, Journée Internationale de la Solidarité Intersexe, a cherché à mettre en lumière les enjeux traversant les réalités des personnes intersexes, par le biais d’événements et d’approches diverses.

Garçes a été invitée à participer à la Quinzaine et il nous a alors apparu important d’y prendre part. Le CIA nous invitait en effet A AGIR pour la cause intersexe. Et non plus à simplement USER de la cause intersexe comme instrument de rhétorique féministe. Il ne s’agissait plus de simplement prendre l’existence des personnes intersexes comme « preuve » de la fabrication sociale du système sexe/genre. Il s’agissait de se confronter à et de dénoncer les violences systémiques vécues par les personnes intersexes, et ce au-delà de notre présence effective mais limitée dans le temps à l’Existrans, manifestation annuelle pour le respect et les droits des personnes trans et intersexes.

Sur proposition de l’association étudiante la /5/ ème Parallèle, nous avons co-réalisé une exposition visant à vulgariser les principaux enjeux de la cause intersexe. Nous la mettons maintenant en ligne afin qu’elle puisse servir au plus grand nombre.

En remerciant le CIA de nous avoir pousser à la rigueur militante et la /5/ ème Parallèle pour ce travail d’équipe.

Crédit Graphisme : Pisaller

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AUX (GRANDES) FEMMES, LA SOCIÉTÉ RECONNAISSANTE

Cette année pour le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Garces a rendu hommage à 9 femmes qui ont milité pour l’acquisition de nos droits : Angela Davis, Simone Veil, Monique Wittig, Rosa Parks, Emmeline Pankhurst, Leymah Gbowee, Hubertine Auclert, Gisèle Halimi, et Louise Michel. Le 8 mars est la commémoration de leur travail, de leurs combats et une continuité de leur lutte.

Nous vivons, en France et ailleurs, un moment particulier. La parole des femmes s’est libérée. Elles ont ouvert, un instant, un espace pour parler des violences sexistes et sexuelles qu’elles ont subies. On nous a accusé en retour d’être des délatrices, des puritaines, de vouloir dresser les femmes contre les hommes, voire de déclarer une “guerre entre les sexes”. On nous reproche d’être en colère

Qui déclare la guerre ? N’oublions pas que notre colère vient de la violence des hommes. N’oublions pas qu’aujourd’hui, en France, nous vivons encore dans un système de domination sexiste :

– Une femme est tuée tous les trois jours par son partenaire ou ex-partenaire. Les médias continuent à les qualifier de “crimes passionnels” quand ce sont, en fait, des féminicides.
– Une femme sur 10 est violée au cours de sa vie. 11% des victimes portent plainte et les auteurs de ces viols sont condamnés en Cour d’Assises dans uniquement 1 à 2% des cas, renforçant le sentiment d’impunité.
– Les femmes sont touchées durement par la précarité et la pauvreté. 70% des travailleurs pauvres sont des travailleuses et elles occupent 62% des emplois non qualifiés.
– Si elles nous touchent durement dans la sphère privée, les violences sexistes et sexuelles nous suivent aussi hors de nos foyers : 1 femme sur 5 est confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et 100% des femmes déclarent avoir été victime de harcèlement de rue.

Cette situation ne changera pas sans des actions concrètes. Emmanuel Macron avait annoncé faire de la lutte contre les discriminations sexistes “une priorité”. Pourtant nous ne voyons rien de concret : Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, n’a pas reçu plus de moyens ; la suppression des contrats aidés diminue un peu plus les ressources des associations féministes qui accompagnent au quotidien les femmes victimes de violences ; Edouard Philippe, chef du gouvernement, accorde “toute sa confiance” à Gérard Darmanin, accusé d’agression sexuelle. Alors, nous sommes en colère.

Célébrer le 8 mars, c’est célébrer les engagements féministes issus de nos luttes historiques. Nous continuerons le combat.

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Appel à témoignages du 8 MARS

Nous avions fait un appel à témoignages à l’occasion du 8 mars, sur les expériences de sexisme et harcèlement des étudiantEs au sein de Sciences Po. Publié originellement sur facebook, nous republions ici les témoignages et la tribune.

[TW: sexisme, harcèlement sexuel, viol]

Dans le cadre de la journée des droits des femmes, le collectif G.A.R.C.E.S (Groupe d’Action et de Réflexion Contre l’Environnement Sexiste) s’oppose au discours majoritaire diffusé par Sciences Po qui prétend que le sexisme, le harcèlement sexuel et le viol n’existent plus au sein de cette école et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le sexisme ne se réduit pas, comme on aimerait nous le faire croire à travers le prétendu discours majoritaire défendu par les plus hautes institutions, aux banlieues de l’autre côté du périphérique, exemptant ainsi les grandes écoles et catégories socio-culturelles ++, blanches.

Nous rappelons que le sexisme, le harcèlement sexuel et le viol sont une réalité, des oppressions systémiques qui s’entretiennent par des pratiques banalisées et tolérées, et que les combattre ne se réduit pas à organiser des formations, trop souvent non-obligatoires, mettre en place une cellule de harcèlement sexuel qui minimise le harcèlement sexuel et culpabilise les victimes, ou simplement « convoquer » un harceleur pour lui dire que « non ce n’est pas bien d’embrasser une fille contre son gré, ne recommence pas », comme c’est trop souvent le cas au sein de notre établissement.

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Les ateliers santé

✰✰✰ POURQUOI ? ✰✰✰

Depuis quelques années, les tollés médiatiques que suscitent la “découverte” par le grand public de l’ampleur des maltraitances médicales et des scandales sanitaires que subissent les patient.e.s s’enchaînent, mais toujours une seule et même réaction : la stupeur, la mise en doute de la parole des patient.e.s et la dénégation.

Pourtant la libération de la parole s’organise : tumblr, articles de presse et émissions de radio témoignent désormais que les pratiques vexatoire ou inutilement invasives, le non respect du consentement des patient.e.s, les biais de genre dans la mise en place des protocoles scientifiques, ne constituent pas des faits divers isolés, mais posent de réels problème de santé publique.

Devant l’inertie du corps médical, le silence des institutions sanitaires et le morcellement des initiatives scientifiques sur le sujet, GARCES souhaite donc ouvrir un espace de réflexion et d’action pour s’emparer de ces sujets, se réapproprier les savoirs médicaux et gagner en autonomie. Nous lançons donc pour le printemps 2017 un cycle d’atelier santé, ouvert à toutEs pour questionner avec des chercheuses, des militantes et des soignantes les questions de santé.

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Le cycle des sexualités

 

Nos fantasmes, nos pratiques, notre vision et nos expériences sexuelles sont fortement influencés par notre société. Nos préférences individuelles sont façonnées et formatées par les représentations que nous avons de la sexualité. Au cinéma, dans la littérature, la musique, les médias etc., la sexualité est partout. Partout mais toujours identique.

Parce que ce sont les dominants qui ont le plus de moyens de production culturelle et de diffusion, le point de vue dominant est celui du mâle blanc cis-hétéro et valide. Les corps sont blancs et filiformes, les canons de beauté très stricts, les sexes représentés hyper normés. Les relations suivent des schémas narratifs non renouvelés (préliminaire-pénétration) et les sexualités non hétérosexuelles sont invisibilisées.

Pourtant d’autres discours, d’autres points de vue et d’autres productions existent, bien que marginalisés.

GARCES a tenté à travers ce cycle questionner les sexualités de manière très large et déconstruire nos représentations et nos pratiques normées.

Une série de conférences et de projections a été organisé autour des représentations des sexualités féminines hétéro, lesbiennes, bi, queer, leur normativité, leur invisibilisation dans l’imaginaire collectif, la culture populaire, le rap, la bande dessinée, la pornographie etc.

Des ateliers ont été mis en place en parallèle pour partager nos expériences dans un cadre plus intimiste et pour nous réapproprier nos sexualités, nos pratiques et nos corps.

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Une année de GARCES 2016-2017

L’année 2016-2017 est bien finie, et à la veille de la rentrée nous avons voulu faire un petit bilan des actions menées, pour les archives.

Cette année, GARCES a organisé 6 conférences, 8 ateliers (dont 5 ateliers santé), 2 projection-débat, 1 pétition, 1 appel à témoignage. Un cycle d’évènements a été porté sur le thème des sexualités, une série d’ateliers sur la santé et d’autres évènements ont été menés indépendamment.

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5 raisons pour lesquelles la non mixité est un impératif et pourquoi nous sommes fatiguées d’avoir à nous en justifier

Voilà plus de cinquante ans que les vertus de la non mixité dans les luttes pour l’émancipation des groupes minorisés ont été pensées, questionnées, mises en pratique et revendiquées. Cinquante ans, et nous en sommes toujours là, sommées de nous expliquer, de nous justifier, comme si nous n’étions là que pour ça : rendre intelligibles nos luttes. Cinquante ans qu’on nous refuse de pouvoir choisir jusqu’aux moyens de nous rassembler.

Si la pédagogie est, dit-on, l’art de la répétition, comprenez bien que nous refusons de rentrer dans le cercle sans fin des justifications. Non seulement parce que nous sommes fatiguées de mettre au coeur de nos discussions l’éternelle question de la place des hommes dans le féminisme, mais aussi, et surtout, parce que nous refusons cette injonction continuellement faite aux femmes, comme à tout groupe opprimé, d’avoir à légitimer leur existence et leurs actions. Nous n’avons pas la moindre intention d’attendre de qui que ce soit une validation de nos outils de lutte. Au contraire nous revendiquons sans concession la non mixité comme un choix politique. Et voici pourquoi.

1. Parce que nous avons retenu les leçons de l’histoire

Ce que nous ont appris dès les années 60 les mouvements de lutte pour les droits civiques des Noir.es américain.es, c’est qu’il ne faut pas attendre des personnes qui tirent leurs privilèges d’un système de domination qu’ils et elles y renoncent d’eux et d’elles-mêmes, par générosité, humanisme ou bienveillance. Tout mouvement, mixte à ses débuts, est rapidement confronté à l’impossibilité d’avancer sans déconstruire, en son propre sein, les rapports de domination qui peuvent s’y nouer. Car comme l’écrit la sociologue et féministe Christine Delphy, “dans les groupes mixtes, Noir.es-Blanc.hes ou femmes-hommes, et en général dans les groupes dominés-dominants, c’est la vision dominante du préjudice subi par le groupe dominé qui tend à… dominer.” L’expérience des Noir.es américain.es, mais aussi du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) l’a montré : en mixité, ce sont toujours celles et ceux qui tirent avantage du système qui se retrouvent au premier plan, reproduisant au sein même du mouvement militant les logiques oppressives que celui-ci cherche à déduire et, pire, le vidant de son contenu politique. Les exemples sont légion, mais pour n’en citer qu’un seul il n’y a qu’à relire l’anecdote rapportée récemment par Caroline de Haas à propos de la création en 2009 de l’association, aujourd’hui bien implantée dans le paysage militant, Osez le féminisme : “Dans la salle, une centaine de personnes, 85% de femmes. A la fin de la rencontre, 33% des femmes présentes et 45% des hommes présents avaient pris la parole. Les femmes avaient parlé en moyenne 2 minutes, les hommes 4 minutes. Dans une réunion féministe, avec 85% de femmes, nous reproduisions les inégalités dans la prise de parole.” Quel groupe féministe mixte n’a-t-il pas expérimenté ce phénomène ? Et quelle légitimité porte un collectif féministe qui ne permet pas aux premières concernées de s’exprimer ?

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Oh les Garçes ! #1

Nous avions lancé un appel à contribution en novembre dernier pour notre projet de zine – pour rappel, il s’agit de magazines auto édités confectionnés par les membres d’une communauté qui souhaiteraient explorer des sujets rarement traités dans les médias – et après quelques dizaines de mails et une lutte acharnée contre des ordinateurs récalcitrants, nous sommes heureuses de vous présenter le résultat final.

Oh les Garçes est le fruit du travail de 20 contributrices et contributeurs. Vous y trouverez des poèmes, articles, illustrations, photographies et mêmes des broderies ! Encore un grand merci à ceux et celles qui ont bien voulu partager leur travail avec nous. Tous les travaux inclus dans le zine sont leur propriété et nous vous demandons à ce titre de ne pas les utiliser sans leur permission.

Pour toutes questions, remarques ou réclamations au sujet du zine – ou d’autres choses d’ailleurs –  n’hésitez pas à nous envoyer un mail à garces.sciencespo@gmail.com.

D’ici là, bonne lecture !

Féministement votre,

G.A.R.C.E.S

 

 

Note : ce zine ayant été conçu en double page, 
vous pouvez le télécharger et activer la
visualisation adéquate pour une lecture 
plus agréable !